08.01.08

Ajnar’s mind

Publié dans Arcane XXVI tagged à 9:27 par ysdral

“Il te faudra être un, et un entier pendant encore de longues années.” J’ai entendu quelqu’un dire ca, un jour. Un gars connu, dans un livre qui l’était encore plus. Je n’en sais rien, je ne lis pas moi. (*) Contrairement à tous ceux qui errent dans les couloirs de la Tour, les livres me laissent totalement froide.

Je ne ressens rien en les touchant, rien en les ouvrant, à part une odeur de poussière et la sensation du  papier rugueux sous les doigts, calleuses comme des mains d’homme. Sauf que je préfère largement le contact de ces dernière à ce qui a été un arbre vivant, que l’on a déchiqueté pour le transformer en pâte à papier.

Tous le monde pensait que ca viendrait, parce que, Chasseuse, vivant à la Tour, il était impensable que je puisse passer à côté de toutes ces richesses, comme ils le disent.
Le temps a prouvé le contraire. Exactement le contraire.

Pour moi leurs bibliothèques sont des cimetières remplis de morçeaux de bois morts empilés consciencieusement par des nécrophiles avide d’un savoir qu’ils ne pourront jamais posséder.

“Tu changeras Ajnar” m’ont-ils dit.
“Ajnar ne change pas, elle n’a pas le temps de changer.”

“Avec le temps, ca viendra”. Mais les années de ma vie se comptent en seconde dans la grande course du Temps. Et je n’ai pas moi, une existence éternelle. Je suis née. Je mourais. J’aurai vécue. Un peu. Un moment.

Je vais mourir, je le sais. Je n’ai pas besoin de leurs chuchotements sur mon passage pour le savoir. Je vais crever, seule, et tout ce qu’ils diront c’est “la lignée est morte, c’est la fin de la Tour Noire.” Et j’espère que quelque part dans le charnier où ma carcasse pourrira, mon cadavre donnera l’impression de sourire. Parce que ca sera exactement ca, bordel.
L’humain n’a pas encore abattu ses dernières cartes. je n’ai pas encore posé sur la table le joker que je cache dans ma manche.
Ouais, putain, ils l’auront bien mauvaise. Et le Vieux. Et Steel. Et Stone. Et Sword. Et ce connard de Foalsey. Et ce bâtard de Gobde-mouche. Fils de pute va. Toi, je te jure que je vais te faire passer un sale quart d’heure, même si c’est la dernière chose que je dois faire dans ces murs.
Non mais, pour qui tu te prends. Pour qui ? En tout cas, tu ne faisais pas le fier la fois où je t’ai flanqué une rossée. Crevard d’Eveillé. Tu t’imaginais que, parce que je ne suis qu’une humaine, une loque, une moins que rien, une paumée, une catin, tu pouvais faire ce que tu voulais et que, de toutes manières, je ne dirais rien, même pas capable de me défendre ?

Perdu. Votre orgueil vous perdra tous, un jour.

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(*) : hé hé hé, je donne une friandise à celui qui me trouve la référence :p

Un commentaire »

  1. M. L.H. a dit,

    Je crois que je sais qui est l’auteur de la référence, et de quel ouvrage ça vient. Mais je ne sais pas quand ni à quel propos.

    En dehors de ça, je reste toujours scotché à l’histoire en attendant la suite avec avidité.


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