07.29.08

“These destroy”

Publié dans Arcane XXVI à 4:33 par ysdral

Parmi tous ceux qui ont vécu à la Tour, peu d’entre eux sont encore vivant. Réussir l’Ordalie n’est pas une garantie de survie, c’est tout au plus un sursis qui nous est accordé. La promesse de ne pas mourir tout de suite, inutilement. Mais rien de plus. La vie a l’air simple, vu de l’extérieur. Pour qui ne fait pas partie de la vie ici, nous ne sommes rien de plus que des employés d’une librairie ordinaire. Rien n’est plus faux.

L’autre jour, un homme qui passait devant les rangées de livres s’est exclamé, trouvant ces ouvrages merveilleusement vivant.

_ ” Regardez, a-t-il dit, on sentirais presque la vie palpiter en eux.”

Les pauvres gens, s’ils savaient. En effet, les livres sont palpitant de vie, de cette vitae qu’ils nous volent. Nous sommes dévorés, petits à petits, de l’intérieur, rongés impitoyablement par ces monçeaux de bois mort. Au début, on ne s’en rend pas compte. Ca commence presque toujours de la même manière, pendant la nuit, nous rêvons que nous errons dans les étages de la Tour. Puis on perds la notion des jours, ensuite certains de nos souvenirs deviennent plus flous, puis on perd l’appétit, oubliant de manger. Quand on s’en rend compte, il est trop tard, notre esprit est prisonnier. On finit toujours par en mourir, un jour, notre coeur oublie de battre, nos poumons de respirer, et la nuit se prolonge éternellement.
La force mentale, la puissance de l’esprit, la combativité, le courage, l’intelligence ou le savoir n’ont rien à voir avec cette agonie lente et inexorable. Tout au plus, ces dons, ces qualités ou peu importe leurs noms, éloignent un peu l’échéance.

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