07.27.08

Le grimoire

Publié dans Arcane XXVI tagged , à 12:15 par ysdral

Les Jumelles prêtèrent à peine attention à Steel qui passa devant la porte grande ouverte de leur bureau, lui jetant simplement un rapide coup d’œil.

- « On aura beau dire, je le préférais en femme », dit l’une d’elle.
L’autre ne répondit rien mais pouffa de rire, tout en reconnaissant intérieurement qu’elle n’avait pas tort. Steel avait perdu beaucoup de son charme en devenant un homme. Pas tout cependant.

Mais les Jumelles avaient quelque chose de plus intéressant à faire ce matin. Il y avait là un grimoire à examiner. Avec précaution, elles le prirent. L’une décrivait l’objet tandis que la seconde, assise devant l’ordinateur, écrivait sous sa dictée. Le grimoire avait la taille d’une feuille de canson. Il était plus large que haut, et la couverture était particulièrement somptueuse, recouverte de riche velours noir, ornée de volutes en fil d’argent et de quatre pierres plates symbolisant les quatre éléments. Une sélénite pour l’air, un lapis-lazuli pour l’eau, du jaspe rouge pour le feu et de l’obsidienne pour la terre.

Le livre avait été trouvé dans une poubelle, et d’après les premières estimations des jumelles, la sorcière qui l’avait rédigé était toujours vivante. Son énergie imprégnait chaque page. Chaque dessin, chaque enluminure palpitait de vie. Certaines pages avaient été écrites au crayon à papier, et de temps en temps, une écriture différente apparaissait.

« Un livre des ombres. » dit la première.
« Et contemporain. » ajouta la seconde.

Elles ne dirent rien de plus, mais prirent le livre et le rangèrent dans un gros coffre de métal dissimulé dans le fauteuil. Ce grimoire là ne serait pas mis en vente avec les autres, mais apporté au Vieux qui déciderait de ce qu’il conviendrait de faire. Certains étaient mis en vente, malgré tout. D’autres étaient précieusement archivés et stockés dans la réserve. D’autres encore restaient dans le bureau du Vieux. Il arrivait parfois que certains soient détruits, ou apportés à Ajnar avec l’ordre d’en rechercher l’auteur. Parfois, cependant, il en était tout autrement, et nombreux étaient ceux qui redoutaient cela. Parce que cela ne pouvait signifier qu’une chose : que l’ouvrage était lié, de près ou de loin, aux Autres. Et personne n’avait envie d’avoir affaire aux Autres.

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