11.12.08
Est-ce qu’ils savent qu’elle te ressemble ?
_” En fait, commença Foalsey, ils sont comme nous.”
Il y eût un long silence, de plus en plus palpable et gênant. L’affirmation de Foalsey avait, outre un aspect parfaitement absurde, quelque chose d’impudique et de honteux que personne ne s’abaissa à relever, pour dire quoi ? L’ignorance pure et simple de cette affirmation était déjà plus qu’une réponse, une condamnation du tabou qu’il venait de briser.
Foalsey continua pourtant de parler. Non par naïveté, il y avait bien longtemps qu’il ne l’était plus et il savait ce que ce silence signifiait. On ne parlait pas des Autres, Ceux-de-là-haut, ceux de Josaphât, et quand bien même on le faisait, c’était toujours en des termes soigneusement choisis et qui ne laissait aucun doute sur ce qu’on pensait de ces gens là.
Foalsey n’avait jamais été très respectueux des règles, écrites ou non, s’appliquant à les contourner avec cette application obstinée qui touchait au génie. Il n’avait jamais ouvertement enfreint une seule règle, préférant se trouver à leurs limites, toujours protégé d’une Ordalie qui ne se serait pas fait attendre, ou du jugement, non moins cruel, non moins sournois des autres Eveillés.
Personne ne rachetait personne, bien que certains s’efforcait de le croire ou à le faire croire. Rares étaient les fois où le Clan des Ténèbres devait intervenir, figure lointaine et hiératique d’un Ordre mal compris et redouté -quoique non sans raisons. Dans la plupart des cas, le jugement venait des siens. Net et irrévocable. Les Eveillés décidaient de ce qu’il convenait de faire, jugeant eux-même les malheureux qui avaient enfreint les règles, appliquant la sentance avec un absurde sentiment de justice. En voulant se tenir à l’écart du Clan et s’épargner une souffrance inutile, c’est à la rencontre d’une souffrance plus grande encore que les malheureux se précipitaient, ce que Sword savait parfaitement, puisque l’idée venait de lui. Sans doute l’une de ses trouvailles dont il se félicitait le plus.
Foalsey avait conscience d’être allée trop loin, mais il sentait confusément que quelque chose changeait, quelque chose d’aussi ancien que la terre et d’aussi incontrôlable que l’histoire. Habitué à observer le reste du monde du haut de ses innombrables perchoirs et à sonder inlassablement le coeur des hommes, il avait senti le changement à la manière des animaux qui, pressentant un tremblement de terre, s’empresse de fuir. Il se repprit, ajoutant à ses propos une prudente nuance, -on ne sait jamais.
_ ” Je crois qu’ils sont comme nous.” articula-t-il.
Et je crois que nous sommes comme eux songea-t-il en son fort intérieur. Cette dernière phrase cependant, il se garda bien de la prononcer.
10.21.08
Au sujet d’Ajnar (partie B)
La porte de son bureau était close. Personne ne viendrait le déranger à présent. Les années avaient appris aux gens à craindre, sinon à respecter, cette porte close, ce rempart entre lui et le monde, mais lui, que lui avaient-elles appris ces années, à part que le monde qu’il avait connu, pour lequel il s’était battu, n’était plus qu’un chant de ruines ?
Il était fatigué de tout ceci. Las de ces luttes intestines et vaines, las de batailler pour obtenir le moindre avantage sur son adversaire. Epuisé de devoir convaincre. De contraindre quand c’était nécessaire, ce qui arrivait de plus en plus ces derniers temps.
Le Vieux appuya son front contre la vitre, cédant pour un moment à l’appel de la mélancolie. Un moment seulement. Steel n’était pas un personnage facile à convaincre, non plus à manœuvrer, ni même à approcher, et nombreux étaient ceux qui s’étaient cassé les dents, déroutés ou effrayés. Bien qu’il n’eût ni l’une ni l’autre, il sentait confusément en son âme et conscience que toute cette discussion n’avait, en réalité, servie à rien. Steel avait sa propre façon de voir les choses, par ailleurs souvent très fine, mais dans le cas présent, il se trompait. Mais la question, la véritable question n’était même pas de savoir s’il avait tort ou raison, pour peu que cela fût rendu possible. La vraie question, c’était ce qu’il convenait de faire, comment agir dans l’intérêt de la Tour. Il n’avait que trop traîné, le miroir déformant de son éternité lui avait fait oublié combien les années passent vite pour les êtres de peines et de chair. Non pas qu’il n’aimait pas Ajnar. Non pas qu’il ait eu pour elle un quelconque semblant d’affection. Elle avait une raison d’être, (ce dont elle aurait dû se contenter pensa-t-il au passage), le reste n’entrait pas en ligne de compte. La lignée devait absolument être perpétuée, il fallait un nouveau Chasseur pour garder la mémoire de la maison, la faire obéir, la surveiller. C’était aussi simple que cela. De toutes façons, si les choses ne devaient pas se passer comme prévu, s’il devait y avoir le moindre problème, il lui resterait toujours celle qu’il appelait –non sans cynisme- sa solution de secours. Tout n’est qu’une question de temps se répéta-t-il.
10.12.08
Le bleu du ciel
Dehors, perchée sur le balcon, Thorn observait le ciel. Elle regardait les trainées bleu foncé gagner peu à peu du terrain sur le ciel gris pâle de la journée. Dans une heure, deux tout au plus, il ne resterait plus rien de toute cette lumière, toutes ces nuances auraient disparues, dévorées par la nuit.
Elle sentait derrière elle l’agitation grouillante de la masse, avide de pouvoir, avide de possession et de savoir. Hautaine, détestable, et pourtant nécessaire, méprisable et pourtant, se disait-elle, la normalité, c’est eux. Thorn se rémemora ce que lui avait dit Le Vieux, un peu plus tôt dans la journée. Et les paroles de Shein, quelques jours avant.
_ “Ils sont un mal nécessaire” avait dit Le Vieux.
_ “Si tu veux survivre à la Tour, à l’Ordalie, au Temps, et plus important encore, si tu veux leur survivre, Thorn, il y a un certain nombre de choses que tu dois savoir.” avait dit Shein.
Elle n’était, quant à elle, pas certaine de vouloir survivre à quoi que ce soit, définitivement divorcée du monde extérieur, veuve des espoirs que nourrissent les hommes ordinaires. Il y avait eu ce matin sans certitude, dans une autre vie, vide, pâle et froid. Il y y avait eu cette brèche, cette blessure faite au temps et au destin, et elle avait choisie, sans vraiment savoir pourquoi, et sans véritablement avoir envie de comprendre. Les choses étant ce qu’elles étaient, Thorn n’aurait pas été étonnée de savoir que ce qu’elle avait pris pour une liberté n’était en réalité qu’un choix que d’autres, bien plus anciens, bien plus puissants avaient fait pour elle.
09.25.08
Eux (bis, suite)
Thorn garda le silence, observant Foalsey qui caressait du bout des doigts une veine dans le bois du comptoir. Foalsey dont le visage avait l’expression de ceux qui en savent plus qu’ils ne le prétendent.
— Je serai curieuse de savoir comment tu l’appelles moi, lanca Thorn à l’adresse de Foalsey.
Entendant ces mots, Shein ferma les yeux et se laissa choir sur le tabouret de moleskine. Il en avait déjà vu des réactions stupides, mais rarement aussi soudaine. Se gardant bien de rouvrir les yeux, il tendit l’oreille.
Relevant brusquement la tête, Foalsey fixa Thorn droit dans les yeux. Un regard de chat sauvage, d’une bête prête à bondir.
— Il y a trois choses que tu dois savoir articula péniblement Foalsey. Premièrement, mort peut mourir, mais point ne saigne. Deuxièmement, mort peut désirer, mais ni haïr, ni aimer. La seule chose que mort ne peut faire, c’est oublier.
Elle se tut, et ses ongles labourèrent le comptoir, laissant neuf traces dans le bois tendre.
Thorn chercha ses mots, mais lorsqu’elle les trouva c’était trop tard. Foalsey avait déjà disparue. Presque au même instant, elle sentit une main se poser sur ses épaules. Une main avec suffisament de poigne pour que, même sans voir à qui elle appartenait, on comprenne qu’il vallait mieux ne pas résister à l’autorité de cette main là. Toutefois, si le geste n’était pas forcément bienveillant, les mots, eux, l’étaient. Prononcé par une voix grave et posée, une voix que Thorn avait déjà entendu, et qui la fit se retourner aussitôt.
La voix du Vieux.
09.06.08
* En prévision *
- Mort peut mourir, mais point ne saigne.
- Mort peut désirer, mais ni haïr ni aimer.
- Il n’y a qu’une seule chose que Mort ne peut faire : oublier.
08.01.08
Ajnar’s mind
“Il te faudra être un, et un entier pendant encore de longues années.” J’ai entendu quelqu’un dire ca, un jour. Un gars connu, dans un livre qui l’était encore plus. Je n’en sais rien, je ne lis pas moi. (*) Contrairement à tous ceux qui errent dans les couloirs de la Tour, les livres me laissent totalement froide.
Je ne ressens rien en les touchant, rien en les ouvrant, à part une odeur de poussière et la sensation du papier rugueux sous les doigts, calleuses comme des mains d’homme. Sauf que je préfère largement le contact de ces dernière à ce qui a été un arbre vivant, que l’on a déchiqueté pour le transformer en pâte à papier.
Tous le monde pensait que ca viendrait, parce que, Chasseuse, vivant à la Tour, il était impensable que je puisse passer à côté de toutes ces richesses, comme ils le disent.
Le temps a prouvé le contraire. Exactement le contraire.
Pour moi leurs bibliothèques sont des cimetières remplis de morçeaux de bois morts empilés consciencieusement par des nécrophiles avide d’un savoir qu’ils ne pourront jamais posséder.
“Tu changeras Ajnar” m’ont-ils dit.
“Ajnar ne change pas, elle n’a pas le temps de changer.”
“Avec le temps, ca viendra”. Mais les années de ma vie se comptent en seconde dans la grande course du Temps. Et je n’ai pas moi, une existence éternelle. Je suis née. Je mourais. J’aurai vécue. Un peu. Un moment.
Je vais mourir, je le sais. Je n’ai pas besoin de leurs chuchotements sur mon passage pour le savoir. Je vais crever, seule, et tout ce qu’ils diront c’est “la lignée est morte, c’est la fin de la Tour Noire.” Et j’espère que quelque part dans le charnier où ma carcasse pourrira, mon cadavre donnera l’impression de sourire. Parce que ca sera exactement ca, bordel.
L’humain n’a pas encore abattu ses dernières cartes. je n’ai pas encore posé sur la table le joker que je cache dans ma manche.
Ouais, putain, ils l’auront bien mauvaise. Et le Vieux. Et Steel. Et Stone. Et Sword. Et ce connard de Foalsey. Et ce bâtard de Gobde-mouche. Fils de pute va. Toi, je te jure que je vais te faire passer un sale quart d’heure, même si c’est la dernière chose que je dois faire dans ces murs.
Non mais, pour qui tu te prends. Pour qui ? En tout cas, tu ne faisais pas le fier la fois où je t’ai flanqué une rossée. Crevard d’Eveillé. Tu t’imaginais que, parce que je ne suis qu’une humaine, une loque, une moins que rien, une paumée, une catin, tu pouvais faire ce que tu voulais et que, de toutes manières, je ne dirais rien, même pas capable de me défendre ?
Perdu. Votre orgueil vous perdra tous, un jour.
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(*) : hé hé hé, je donne une friandise à celui qui me trouve la référence :p
07.29.08
“These destroy”
Parmi tous ceux qui ont vécu à la Tour, peu d’entre eux sont encore vivant. Réussir l’Ordalie n’est pas une garantie de survie, c’est tout au plus un sursis qui nous est accordé. La promesse de ne pas mourir tout de suite, inutilement. Mais rien de plus. La vie a l’air simple, vu de l’extérieur. Pour qui ne fait pas partie de la vie ici, nous ne sommes rien de plus que des employés d’une librairie ordinaire. Rien n’est plus faux.
L’autre jour, un homme qui passait devant les rangées de livres s’est exclamé, trouvant ces ouvrages merveilleusement vivant.
_ ” Regardez, a-t-il dit, on sentirais presque la vie palpiter en eux.”
Les pauvres gens, s’ils savaient. En effet, les livres sont palpitant de vie, de cette vitae qu’ils nous volent. Nous sommes dévorés, petits à petits, de l’intérieur, rongés impitoyablement par ces monçeaux de bois mort. Au début, on ne s’en rend pas compte. Ca commence presque toujours de la même manière, pendant la nuit, nous rêvons que nous errons dans les étages de la Tour. Puis on perds la notion des jours, ensuite certains de nos souvenirs deviennent plus flous, puis on perd l’appétit, oubliant de manger. Quand on s’en rend compte, il est trop tard, notre esprit est prisonnier. On finit toujours par en mourir, un jour, notre coeur oublie de battre, nos poumons de respirer, et la nuit se prolonge éternellement.
La force mentale, la puissance de l’esprit, la combativité, le courage, l’intelligence ou le savoir n’ont rien à voir avec cette agonie lente et inexorable. Tout au plus, ces dons, ces qualités ou peu importe leurs noms, éloignent un peu l’échéance.
07.28.08
La tour / description I
De l’extérieur, la Tour n’était rien de plus qu’un immeuble de style hausmannien, semblable en cela à des milliers d’autres. Il n’était ni plus grand, ni plus petit, ni plus laid, ni plus beaux et se voulait à l’image de la parfaite normalité, fondu dans la masse, ordinaire. Depuis la grande porte d’entrée, peinte en rouge, jusqu’à la plaque émaillée portant le numéros de la rue, en passant par les moulures, ou les vitrines emplies de livres rien, absolument rien ne le distinguait des autres.
L’intérieur n’était pas dépourvue d’un certain charme, à condition de ne pas être effrayé par les carrelages beiges, les parquets chantants, les escaliers glissant. Sans oublier la poussière qui sous-louait généreusement une bonne partie du magasin.
07.27.08
Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate
Vous qui entrez, laissez toute espérance.
L’enfer, Dante, Chant III
Ceux qui arrivent à la Tour n’en repartent jamais. Nullement en raison d’une obligation quelconque ou d’un geis.
Tout simplement parce qu’ils n’y arrivent pas.
Franchir le seuil de cette maison, c’est abandonner une partie de soi, c’est mettre la main dans un piège à loup, qui se referme sur son esprit, sans même en avoir conscience. Faites un test, prenez une personne au hasard, n’importe laquel : un Endormi, un Eveillé, l’un des nôtres ou quelqu’un du dehors, et demandez lui s’il reviendra.
La réponse sera oui, immanquablement.
Maintenant observez-la, à son insu. Regardez-la qui déambule à travers les couloirs de livres, les rayonnages, scrutez-la du coin de l’oeil tandis qu’elle monte les escaliers de marbre, pendant que ses doigts courent sur les tranches des ouvrages. Observez l’air légèrement hagard, le regard vide d’expression. Regardez maintenant sa démarche : qu’elle soit calme et posée ou bien rapide et hâtive, c’est le même constat : les pas sont mécaniques, machinaux. On ne vas nul part quand on erre dans la Tour Noire, et si l’on cherchait quelque chose, on s’empresse de l’oublier.
Le corps peut sortir. Mais pas l’esprit. Jamais. La maison nous dévore, inlassablement. Et inlassablement Ajnar tisse et retisse les milliers, les millions, les milliards de sensation que l’on déverse dans le coeur de la maison.
Ajnar Chasse. Mais elle non plus, peut-être encore moins que nous, elle ne peut quitter la maison. La maison est son coeur et elle est le coeur de la maison. Une prison mentale dont rien, pas même la mort -surtout pas la mort- ne la libérera. Elle a beau être mortelle, (ce qui est une particularité originale et enviable parmi nous) son esprit ne s’en ira pas à la recherche d’un autre corps, cogner aux portes d’un paradis ou d’un enfer, ou se dissoudre dans un néant envisageable. Ajnar est une chasseuse, et ne possède rien sur terre, même pas elle-même. Ajnar, fille de Sonveg, petite-fille de Follym (Entiokar).
Je ne sais pas si elle en a conscience, si elle sait ce qui l’attends. Je me demande beaucoup de choses en vérité, bien que je ne parle pas beaucoup. A quoi bon ?
Il n’y a pas de réponses aux questions que je pose, et il ne devrait pas y en avoir à celles que je ne me risquerai jamais à poser.
Le pire de tout, c’est que je suis entré volontairement à la Tour. Contrairement aux autres, personne ne m’a pris en traître, proposé un pacte dont les clauses étaient biaisées. Je ne suis pas non plus venu ici par désespoir ou par hasard.
Non. Je ne suis ici parce que je l’ai voulu. Et comme tout ce que j’ai voulu, je l’ai eu.
Le grimoire
Les Jumelles prêtèrent à peine attention à Steel qui passa devant la porte grande ouverte de leur bureau, lui jetant simplement un rapide coup d’œil.
- « On aura beau dire, je le préférais en femme », dit l’une d’elle.
L’autre ne répondit rien mais pouffa de rire, tout en reconnaissant intérieurement qu’elle n’avait pas tort. Steel avait perdu beaucoup de son charme en devenant un homme. Pas tout cependant.
Mais les Jumelles avaient quelque chose de plus intéressant à faire ce matin. Il y avait là un grimoire à examiner. Avec précaution, elles le prirent. L’une décrivait l’objet tandis que la seconde, assise devant l’ordinateur, écrivait sous sa dictée. Le grimoire avait la taille d’une feuille de canson. Il était plus large que haut, et la couverture était particulièrement somptueuse, recouverte de riche velours noir, ornée de volutes en fil d’argent et de quatre pierres plates symbolisant les quatre éléments. Une sélénite pour l’air, un lapis-lazuli pour l’eau, du jaspe rouge pour le feu et de l’obsidienne pour la terre.
Le livre avait été trouvé dans une poubelle, et d’après les premières estimations des jumelles, la sorcière qui l’avait rédigé était toujours vivante. Son énergie imprégnait chaque page. Chaque dessin, chaque enluminure palpitait de vie. Certaines pages avaient été écrites au crayon à papier, et de temps en temps, une écriture différente apparaissait.
« Un livre des ombres. » dit la première.
« Et contemporain. » ajouta la seconde.
Elles ne dirent rien de plus, mais prirent le livre et le rangèrent dans un gros coffre de métal dissimulé dans le fauteuil. Ce grimoire là ne serait pas mis en vente avec les autres, mais apporté au Vieux qui déciderait de ce qu’il conviendrait de faire. Certains étaient mis en vente, malgré tout. D’autres étaient précieusement archivés et stockés dans la réserve. D’autres encore restaient dans le bureau du Vieux. Il arrivait parfois que certains soient détruits, ou apportés à Ajnar avec l’ordre d’en rechercher l’auteur. Parfois, cependant, il en était tout autrement, et nombreux étaient ceux qui redoutaient cela. Parce que cela ne pouvait signifier qu’une chose : que l’ouvrage était lié, de près ou de loin, aux Autres. Et personne n’avait envie d’avoir affaire aux Autres.